On constate d'importantes disparités dans les progrès des anciens pays communistes d'Europe de l'Est et d'Eurasie à mettre en œuvre les réformes démocratiques et axées sur le marché. Alors que la Roumanie et la Bulgarie sont aujourd'hui membres de l'Union Européenne, les pays des Balkans luttent toujours pour résoudre les tensions ethniques et renforcer les réformes. On note d'importantes régressions démocratiques en Russie et dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie Centrale, tandis que la Biélorussie constitue la dernière dictature en Europe. Même dans les pays où l'on a vu de vastes réformes de transition ainsi que des élections libres, ceux-ci sont confrontés à la difficulté de rendre leur démocratie et leur économie encore plus représentatives, ouvertes et réactives. En d’autres termes, garder le cap de l'adoption de valeurs démocratiques et d'économies axées sur le marché n'est pas une tâche aisée.
L'acceptation généralisée de la corruption, le contrôle par l'État et l'ingérence de celui-ci dans l'économie, ainsi que la mauvaise compréhension des principes démocratiques et économiques fondamentaux, constituent toujours des problèmes essentiels dans de nombreux pays de la région. L'objectif indispensable de la réforme devrait porter sur le renforcement de la participation de la société civile au processus décisionnel, et ce, pour pousser plus avant les progrès démocratiques et pour faire entendre les voix de différentes parties prenantes. Il faut également consacrer une attention soutenue à l'institutionnalisation de l’État de droit, de la transparence et de la responsabilisation à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé.